O comme Odorico à Melesse
Dans le silence solennel de l’église Saint-Pierre, une œuvre d’art commémorative continue, depuis plus d’un siècle, à rappeler le sacrifice des melessiens tombés pendant la Première Guerre mondiale. Réalisée en 1923 par l’atelier du mosaïste renommé Isidore Odorico, cette mosaïque se distingue par sa beauté et la ferveur du souvenir qu’elle incarne.

Au lendemain de l’armistice de 1918, alors que la France pansait encore ses blessures, les familles et les institutions locales cherchaient des moyens durables d’honorer ceux qui étaient tombés « morts pour la France ». C’est ainsi qu’en 1923, à Melesse, sous l’impulsion de l’architecte Henri Mellet, l’atelier Odorico fut sollicité pour créer un tableau commémoratif en mosaïque à fond doré.
L’œuvre, insérée dans le bas-côté nord de l’église, brille encore aujourd’hui de ses tesselles dorées qui captent la lumière et attirent le regard des visiteurs et des fidèles.
Isidore Odorico (1893-1945), issu d’une famille de mosaïstes d’origine italienne établie à Rennes, a marqué l’architecture et l’art décoratif du début du XXᵉ siècle dans la région par ses œuvres souvent rehaussées d’or et de couleurs riches — mêlant influences classiques et modernistes. Après avoir servi et été fait prisonnier durant la Grande Guerre, Odorico transforma son art en hommage aux expériences humaines les plus profondes, comme le prouve cette création commémorative.
À l’heure où les derniers témoins directs de la Grande Guerre disparaissent, la mosaïque d’Odorico reste un pont entre les générations: un lieu où s’arrête le regard, où s’élève la pensée et où se grave la reconnaissance envers ceux qui ont donné leur vie pour la France.
Un article rédigé par Laurence Blanchard de Melesse.
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