Vu du sud, Saint-Germain s’étire d’ouest en est le long d’une crête rocheuse. Démarrant au-dessus de la vallée de l’Ille, la ligne des habitations est dominée par le clocher de l’église et le lanternon surplombant la mairie. Les maisons déclinent avec une quasi-homogénéité les couleurs du grès extrait à quelques centaines de mètres à vol d’oiseau.

Saint-Germain tu es, Saint-Germain tu resteras…

Avant de s’appeler « sur-Ille », Saint-Germain s’est appelée Saint-Germain-d’Aubigné au Moyen-Age, puis Saint-Germain-l’Argilier – à cause de son sous-sol riche en argile -, puis Germain-la-montagne-sur-Isle en 1794…

De l’église initiale, il ne reste rien. Celle que l’on voit aujourd’hui a essentiellement été construite au 18e siècle, surélevée et agrandie au 19e siècle. Le clocher a été dessiné à la toute fin du siècle par l´architecte diocésain Arthur Régnault qui a signé de nombreuses autres églises dans le département.

Cette phase d’agrandissement correspond au développement du bourg. En 1828, sur le 1er cadastre, on ne relève qu’une petite trentaine de maisons regroupées autour de l’église. C’est la construction du canal dans les années 1830, puis l’arrivée du chemin de fer dans les années 1860 qui a favorisé le développement du village en même temps qu’il permet l’essor des carrières. La pierre est acheminée par voie d’eau ou par wagon jusqu’à Rennes, mais elle est aussi utilisée localement.

Pendant de l’église, la mairie – qui accueillait aussi initialement l’école de garçons – a été construite en 1841 à l’emplacement des anciennes halles seigneuriales. Le petit beffroi portant l’horloge est ajouté en 1900. De toute la campagne environnante, on voyait le clocher civil répondre au clocher de l’église.

Côté face, ça s’efface…

Saint-Germain-sur-Ille ne compte que 367 hectares (c’est l’une des plus petites communes en superficie du département) mais sa population continue de s’accroitre. Les lotissements s’étendent au nord. En dépit des ressources du sous-sol de la commune, de l’installation d’un groupement professionnel promoteur d’architectures en terre crue, ce sont essentiellement des formes génériques en béton qui s’imposent lorsque l’on arrive du nord.

Avec la topographie des lieux, la skyline bavarde sur l’histoire de la commune et de ses habitants s’est effacée… Quelques arbres témoignent encore du bocage, et une autre histoire s’écrit.

© Région Bretagne, Inventaire du patrimoine

Un article rédigé par Elisabeth LOIR-MONGAZON

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